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HIDA - Nuit et Brouillard - Jean Ferrat

Publié le par Mag'passion

Nuit et brouillard de j. ferrat

 

« Pour qu’un jour les enfants sachent qui vous étiez » (l.32). Tel le pensais J.Ferrat à travers sa chanson nuit et brouillard.

 

Nous allons donc vous présenter une œuvre sur la déportation de la 2nd guerre mondiale d'après un texte musical intitulé « Nuit et brouillard » écrit par Jean Ferrat qui est un compositeur et chanteur français né en décembre 1930 à Vaucresson et mort en mars 2010. Cette chanson est parue en décembre 1963. Ce texte écrit en 1963 rend hommage aux victimes des camps de concentrations, aux déportés et à son père lors de la seconde guerre mondiale.

 

Historique :

Après la première guerre mondiale, des régimes totalitaires se mettent en place comme en Allemagne avec Hitler. Ces régimes mettent en œuvre des pratiques fondées sur la violence pour éliminer les oppositions.

Le 1er septembre 1939 l’Allemagne envahit la Pologne et déclenche la seconde guerre mondiale.

La seconde guerre mondiale oppose la force de l’Axe (l’Allemagne l’Italie et le japon) aux pays dit alliés dont la France le royaume unis les états unis et l’URSS.

La guerre se termina en Europe le 8 mai 1945 à la suite du débarquement des alliés en Normandie.

En 1933, Hitler arrive au pouvoir en Allemagne. Antisémite, le nazisme veut établir la domination du peuple allemand sur un large « espace vital ».

Les persécutions des Juifs ont commencées dès l’arrivé du nazisme en Allemagne.

Aussi, le port de l’étoile jaune est obligatoire. (Loi de Nuremberg)

 

 

Cette guerre est dévastatrice de part plusieurs points, en effet, sous le règne et l'ordre d'Hitler, des villes dévastées, des hommes (juifs, résistants et tziganes) sont tué. Ce titre fait d'ailleurs référence à un traité d'Hitler nommé « Nacht und Nebel » En effet, Jean Ferrat a choisit comme titre de l'oeuvre nuit et brouillard car en général les déportés arrivaient dans les trains en pleines nuits et que dans ces nuits torides, ioll y avait du brouillard. De plus, en 1963 la France se trouve alors dans une période de fête surnommé les « yéyés ». Lorsque cette œuvre musicale est apparue, elle fût mal interprétée par le directeur de l'ORTF (office radiodiffusion télévision française ) comme étant une chanson à contre-courant de ces années folles.

 

biographie de l'auteur :

Compte tenu de la date de naissance de Jean Ferrat (Jean Tenenbaum) et des dates de la seconde guerre mondiale à savoir 39-45, l'artiste a dû être parmi les déportés, ou au mieux vivre pendant cette abominable guerre. Aussi est-il fils d'un juif russe français par naturalisation. Durant l’été 1942, le père de Jean est séquestré au camp de Drancy, pour être ensuite déporté à Auschwitz le 30 septembre 1942, où il passera ses derniers jours. Jean est caché par des militants ( personne qui lutte pour sa cause )communiste, puis lui et sa famille vont se réfugiés en zone libre (ils y restent 2ans). (sud de la France sous le règne du général Pétain).

 

C'est peut -être pour cette raison, que, quelques années plus tard, il décida d'écrire cette chanson pour remémorer ces années de guerre.

Cet homme a été élève au célèbre collège Jules Ferry de Versailles. Il est malgré tout contraint d'abandonner ses études et entre dans un laboratoire de chimie. Jusqu'alors, il chante seulement devant ses amis et il en profite pour composer ses premières mélodies. En 1954, il fait ses première auditions. Sa carrière est lancée. En 1956 il compose sa première musique : « yeux d'Elsa ». Il entame sa première tournée en 1962 et obtient différents prix comme notamment « le grand prix du disque de l’Académie nationale Charles Cross», prix qui inclus la chanson nuit et brouillard. Après ces événements, il fera de nombreuse représentations sur la scène ou dans des festivals.

 

Nous avons donc pu dégager une problématique qui s'intitule « comment l'art est il le témoin de l'histoire ». Nous allons donc vous parlez de la composition du texte et de son intention à vouloir percuter le lecteur à travers l'art du son et du langage, ainsi qu'à travers 2 thématiques : art, état, pouvoir et art, espace, temps.

 Axe 1 : art du son

« Nuit et brouillard » exprime un message de révolte mêlée de désespoir. Le tempo du son est lent pour exprimer la gravité de la déportation. Jean Ferrat chante avec une hauteur baryton (entre ténor et basse, moyenne).

Tous les instruments jouent un rôle essentiel de mémoire durant toute la musique :

- Les timbales jouent sous forme d’ostinato (formule rythmique courte et répétitive) pour rappeler les exécutions, les marches pénibles, le glas (sonnerie annonçant la mort de quelqu’un) ou même le roulement du train. Elles rendent le 1er couplet plus grave. ( à faire écouter)

- La guitare reprend l’ostinato des timbales pour évoquer le roulement du train.

- Les cuivres jouent en homorythmie (même rythme pendant toute la chanson) en reprenant elles aussi l’ostinato pour faire référence aux allemands et à la cruauté de la guerre. Lors du couplet 6 ( à faire écouter), le tempo s’accélère et le volume augmente en crescendo. Ce qui peut évoquer pour le public une image de juifs voulant s’échapper du camp. Cette montée en intensité est suivie d’un silence signifiant la mort.

- La basse continue l’ostinato. Elle rentre au début du couplet 5 et le rend plus grave. Ce son grave évoque les premiers morts durant le voyage en faisant sentir au spectateur les déplacements du train.

Cela représente donc l'art du son.

 

 Axe 2 : art du language :

Mais cette chanson contient aussi un texte arrangé en quatrain qui contiennent chacun 4vers et qui peut s'avérer touchant. On parle alors d'art du langage. Tout d'abord, le poète veut insister sur le nombres de personnes tombés au combat à travers ce vers (vers 1 et 4 à lire) => énumération (ce sont des mots de même natures qui se suivent dans une phrase) et gradation (ce sont des termes qui ont une progression dans une phrase) ainsi que de chiasme (ce sont des termes de même natures qui se croisent dans une phrase). Il dénonce la perte de la personnalité des détenus. En effet ceux-ci sont traités comme des animaux avec notamment la marque d'un numéro tatoué au fer rouge (vers 5 à lire).

 

Jean Ferrat évoque aussi le temps du voyage tout comme dans les camps. D’ailleurs, les détenues y lutte contre la mort . Nous pouvons donc relevé le champs lexical du temps à savoir jour, heure... De plus, il rend vivant des personnes qui nous sont inconnues par l’intermédiaire de prénom : Jean Pierre, Natasha et Samuel. Dans son texte musical, tout le monde est sur un pied d'égalité comme nous le montre ses allusions à des religions.

 

La présence de chiens dans le texte montre une fois de plus l’infériorité des détenues par rapport à une race animale. Il s'agit donc d'une métaphore.

 

Dans ces 3 premières strophes, l'emploi de l'imparfait dégage une situation qui aurait duré des années avec l'aide de valeurs de descriptions et d'habitudes.

 

Le poète s'implique dans son texte car il utilise la première personne du singulier. De plus, il justifie sa chanson grâce au présent d'énonciation (valeur du présent – présentation de faits).

En ce qui concerne la dernière strophe, l'auteur conclue son texte en utilisant la deuxième personnes du pluriel et en répétant les premiers vers de la première strophe. (lire dernière strophe)

 Conclusion:

Pour conclure, cette œuvre de Jean Ferrat dénonce l'horreur de la déportation à travers plusieurs points comme notamment les camps de concentrations avec les numéros tatoués sur les corps des détenus durant la seconde guerre mondiale, phénomène présent dans quelques pays de l'Europe comme notamment l'Allemagne, la France, etc... Aussi Jean Ferrat souhaite que cette mémoire se transmette à travers les âges et ne soit jamais oublié : « pour qu’un jour les enfants sachent qui vous étiez » (l.32). Jean Ferrat entretient le devoir de mémoire par une musique violente de sonorité et de paroles pour frapper les esprits et les marquer à jamais. L’art est donc un témoin qui se transmet de génération en génération et qui reflète son époque et le vécu de l’Homme.

Il répond donc à la problématique « comment l'art est-il témoin de l'histoire » car la 2nd guerre mondiale et ses camps font donc intégralement partie de l'Histoire. Nous pouvons remarquer le temps qui passe, d'où la thématique « art, espace, temps », ainsi que le pouvoir que le gouvernement nazis a sur les personnes avec la thématique « art, espace, pouvoir ». Nous trouvons que cette œuvre est triste, émouvant, et mélancolique. Un film documentaire a d'ailleurs été réalisé à ce sujet en 1955. Il dure 32 minutes et à été réalisé par Alain Resnais.

 

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